Le budget d’Île-de-France Mobilités

De 2026 à 2038, nous comptons environ 74,2 milliards d’euros d’investissement dans les transports d’Île-de-France. Il en reste 8 milliards pour de nouvelles lignes : c’est votre budget. Le reste est déjà pris par les chantiers déjà décidés, le renouvellement des bus et l’entretien du réseau existant.

Premier mandat, 2026-203246 100 M€ investis
Chantiers déjà décidés
17 900 M€
Bus et dépôts
3 000 M€
Entretien du réseau existant
21 200 M€
Pour vos lignes
4 000 M€
Second mandat, 2032-203828 100 M€ investis
Chantiers déjà décidés
950 M€
Bus et dépôts
3 000 M€
Entretien du réseau existant
20 150 M€
Pour vos lignes
4 000 M€

Si vous continuez la partie après 2038, chaque nouveau mandat reprend le budget du second : aucune collectivité n’a publié ses investissements aussi loin.

  • L’investissement prévuÎle-de-France Mobilités, la RATP, l’État et la Région investiront environ 46 milliards d’euros de 2026 à 2032, Grand Paris Express compris, puis 28 milliards de 2032 à 2038.
  • Les chantiers déjà décidésLe Grand Paris Express, Eole et quelques chantiers déjà lancés en prennent 17,9 milliards au premier mandat, et moins d’un milliard au second.
  • Les busRenouveler les 10 500 bus franciliens et leurs dépôts coûte environ 3 milliards par mandat.
  • Le réseau existantEntretenir et moderniser le métro, le RER, les trains et les trams existants coûte environ 21 milliards par mandat.
Voir le détail du calcul et les sources

L’investissement prévu

Nous additionnons ce que prévoient les grands financeurs. Île-de-France Mobilités investit environ 3 milliards par an, sans compter sa dette ni ses rachats de matériel, puis environ 2,3 milliards après 2030, quand ses remboursements d’emprunt culmineront. La RATP ajoute environ 800 millions par an sur ses propres fonds. Le contrat de plan entre l’État et la Région prévoit 7,4 milliards pour les transports en commun de 2023 à 2027, et nous supposons que les suivants gardent ce rythme. La Société des grands projets dépensera encore environ 15 milliards pour le Grand Paris Express au premier mandat. Ce qui vous reste correspond à ce que le contrat de plan consacre aujourd’hui aux trams, aux métros, aux bus en site propre et aux pôles d’échanges, environ 3,6 milliards par mandat, plus leurs rames.

Les chantiers déjà décidés

Les lignes 15 à 18 du Grand Paris Express sont dessinées sur notre carte : nous retirons ce qui reste à payer pour leur construction (15 milliards puis 500 millions), leurs rames (1,1 milliard puis 200 millions) et quatre opérations liées à leurs gares (390 millions puis 50 millions). Nous retirons aussi les chantiers de RER et de trains, que vous ne pouvez pas construire vous-même : Eole (800 millions) et le nouveau système d’exploitation des RER B et D (500 millions puis 200 millions), ainsi que les dernières factures des lignes déjà ouvertes (140 millions). Les projets de tram, de métro et de bus décidés mais pas dessinés, comme le T1 prolongé à Val de Fontenay ou le T8 sud, restent dans votre budget : ils sont dans le catalogue, à vous de les construire ou non.

Les bus

Île-de-France Mobilités prévoit 3,6 milliards d’achats de bus de 2025 à 2034, plus environ 150 millions par an pour les centres bus (176, 129 et 137 millions en 2024, 2025 et 2026). Cela fait environ 500 millions par an, soit 3 milliards par mandat. Les achats récents étaient plus faibles : 1,3 milliard de bus de 2019 à 2024.

Le réseau existant

C’est ce qui reste une fois le reste retiré : les nouvelles rames de métro, de RER et de train, la modernisation des lignes, les ateliers et la qualité de service, payés par Île-de-France Mobilités, la RATP et le contrat de plan. Nous y rangeons aussi la part des futurs contrats de plan consacrée au RER et aux trains, puisque vous ne pouvez pas en construire. Cela fait environ 3,5 milliards par an, cohérent avec le contrat de la RATP, 2,1 milliards par an, et avec les 1,1 milliard de modernisation des RER et des trains du contrat de plan.

Ce que nous n’avons pas pu vérifier

  • Aucun document ne donne ce qui reste à payer sur le Grand Paris Express, Eole ou le nouveau système des RER B et D : ces montants sont nos estimations.
  • Le niveau d’investissement d’Île-de-France Mobilités après 2030, celui de la RATP après 2029 et le rythme des prochains contrats de plan ne sont pas encore connus.
  • Ce que SNCF Réseau paie sur ses propres fonds pour rénover les voies n’est pas compté.
  • Selon la chambre régionale des comptes, Île-de-France Mobilités ne réalise en moyenne que 69 % des investissements qu’elle prévoit.

Chiffres relevés en septembre 2026.

Trouver de l’argent

En cours de partie, vous pouvez trouver de l’argent en changeant les tarifs, ou voir ce que changerait une loi. Voici ce que rapporte ou coûte chaque mesure sur un mandat de six ans.

Ce qui rapporte
  • Abonnements 1 % plus chers173 M€
  • Tickets 1 % plus chers85 M€
  • Versement mobilité relevé de 1 %390 M€
  • Ramener les réductions solidaires à 50 %1 300 M€
  • TVA des transports à 5,5 %1 100 M€
Ce qui coûte
  • Gratuité pour tout le monde26 200 M€
  • Gratuité pour les moins de 25 ans3 900 M€
  • Métro toute la nuit le week-end400 M€

Les billets et les abonnements rapportent 4,3 milliards d’euros par an, dont les deux tiers en abonnements, et le versement mobilité des entreprises 6,5 milliards.

Voir le détail du calcul et les sources

Les recettes tarifaires ont atteint 4 308 M€ hors taxes en 2025, dont environ 67 % d’abonnements, part des employeurs comprise, et 33 % de tickets et de titres occasionnels. Le versement mobilité a rapporté 6 496 M€ ; il est déjà à son taux maximal, 3,2 % de la masse salariale à Paris et en petite couronne, 2,01 % ou 1,6 % ailleurs. La gratuité totale coûterait ces recettes et environ 400 M€ de subventions régionales aux tarifs réduits. Celle des moins de 25 ans coûterait environ 650 M€ par an : 350 M€ de passes Imagine R et environ 300 M€ payés par les jeunes salariés et les acheteurs de tickets, ce dernier chiffre étant notre estimation. Ramener toutes les réductions solidaires à 50 % rapporterait au plus 217 M€ par an. Le métro toute la nuit le week-end, sur six lignes, coûterait 60 à 65 M€ par an. Les hausses de prix supposent que la fréquentation ne baisse pas ; avec la baisse qu’Île-de-France Mobilités attend elle-même, un point d’abonnement rapporterait plutôt 156 M€ par mandat.

Un budget, un tarif ou un taux vous semble faux ou dépassé ? Écrivez-nous pour que nous le corrigions.

Les voyageurs d’une ligne

Nous comptons les habitants et les emplois autour de vos arrêts : à moins de 400 m d’un arrêt de tram, de bus ou de téléphérique, et à moins de 1 km d’une station de métro. Plus il y en a, plus votre ligne attire de voyageurs.

Une ligne qui passe près d’un tram ou d’un métro existant en attire moins, car une partie de ses voyageurs les prenaient déjà. Dans votre score, seuls comptent les voyageurs nouveaux pour le réseau.

Nous avons vérifié cette règle sur 135 lignes de 29 villes françaises. Sur une ligne qu’elle ne connaît pas, elle se trompe en moyenne de 32 % : c’est pourquoi nous affichons toujours une fourchette.

Ce qu’elle donne pour les lignes d’Île-de-France dont nous connaissons la fréquentation, chacune estimée sans la connaître :

Réel, jour de semaine estiméNotre estimation
Métro 1-33 %
Métro 4-53 %
Métro 14-31 %
Métro 9+14 %
Métro 7+10 %
Métro 13+10 %
Métro 8+27 %
Métro 5-25 %
Métro 6-3 %
Métro 2+11 %

Le prix d’une ligne additionne sa voie, 59 M€ par km pour un tramway et 185 M€ pour un métro, ses stations, et ce que le terrain impose : un tunnel quand la pente est trop forte pour le mode, un pont pour chaque grand fleuve, une station de métro creusée plus profond sous une colline. Ces prix viennent de 53 chantiers français récents, et nous les majorons de 85 % en Île-de-France, où l’on construit plus cher qu’ailleurs.

Voir le détail de la formule

Nous comptons les habitants et les emplois à moins de 1 km d’une station de métro, et à moins de 400 m d’un arrêt de tram, de bus ou de téléphérique. Un emploi compte pour 1 habitant. Les habitants viennent du carroyage de l’INSEE à 200 m, les emplois du recensement 2022 répartis selon la base Sirene.

Les voyageurs croissent presque en proportion de ces habitants et emplois. Ils baissent aussi quand la ligne double des lignes existantes : si tous ses arrêts sont déjà à moins de 400 m d’une station, elle perd 40 % de ses voyageurs. Un métro compte les habitants et les emplois jusqu’à 1 km, contre 400 m pour les autres modes : c’est surtout par là qu’il attire plus de monde. À bassin égal, il fait à peu près comme un tram. Un bus à haut niveau de service attire 56 % de voyageurs de moins qu’un tram sur les mêmes arrêts. Chaque réseau a enfin son propre niveau, tiré de ses lignes actuelles.

Le métro d’Île-de-France compte ses voyageurs aux entrées, sans les correspondances d’une ligne à l’autre. Nous estimons vos lignes de métro de la même façon, pour qu’elles se comparent aux lignes existantes.

Pour arriver à cette formule, nous en avons essayé 23 980, avec ou sans les correspondances, les gares, la distance au centre, le bassin de vie ou le bassin d’emploi, sur 135 lignes de métro, de tram et de bus de 29 villes françaises. Chacune a été jugée sur des lignes qu’elle n’avait pas vues. Celle que nous gardons s’écarte du réel de 32 % en moyenne sur une ligne qu’elle ne connaît pas, et de 39 % quand elle ne connaît aucune ligne du réseau. La fourchette affichée va de 0,64 à 1,59 fois notre estimation : sur les lignes que nous connaissons, le réel s’y trouve huit fois sur dix.

La formule ne connaît ni la vitesse ni la fréquence de la ligne, ni les grands équipements comme les hôpitaux ou les campus. Pour le téléphérique, aucune ligne dont nous connaissons la fréquentation ne permet de la caler : nous nous appuyons sur Téléo à Toulouse et sur le téléphérique de Brest, ce qui reste fragile. Les prix réels varient selon les ponts, les tunnels, les dépôts et les rames achetées.

Les lignes 15, 16, 17 et 18 du Grand Paris Express ouvriront entre 2026 et 2031, avant vos propres lignes. Nous les comptons donc comme des lignes existantes : les habitants proches de leurs gares ne comptent pas comme nouveaux voyageurs dans votre score.

Fréquentation par ligne : rapports d’activité des réseaux, données ouvertes et observatoire Omnil, de 2019 à 2026, ramenée à un jour de semaine. Habitants : carroyage Filosofi 2021 recalé sur le recensement 2022. Emplois : recensement 2022 réparti selon la base Sirene. Lignes et arrêts : OpenStreetMap.

Vous connaissez la fréquentation d’une ligne qui nous manque, ou une estimation vous semble fausse ? Écrivez-nous.

Ce sont les calculs que le jeu applique à chacune de vos lignes.

Jouer en Île-de-France

La carte vient d’OpenStreetMap et de Wikidata, les habitants et les emplois de l’INSEE. Les coûts et les voyageurs sont des estimations, pas des devis signés. Projet citoyen, sous licence CC BY-NC 4.0.